Un petit message pour les quelques 35 stagiaires venus pratiquer ou découvrir le Balintawak lors de notre stage à Palaiseau dimanche dernier.
Merci à Christophe Diez d'Indépendance Prod pour l'organisation de ce stage, mes élèves de Rouen et notamment Laurent qui a "ramassé", ainsi que tous les participants venus de Paris, Angers, Bellegarde, Montargis, de clubs et de discipline diverses (kali Inosanto, Kali /eskrima, Budo, Ju Jitsu brésilien, self défense...).
Le programme était chargé avec du solo baston en matinée et une approche similaire en mano-mano l'après midi. De la bonne humeur, quelques bleus et nez écorchés et je l'espère de nouvelles choses pour vous à travailler dans vos clubs respectifs. Devant ce succès, nous programmerons très probablement un stage similaire. A bientôt, Fabien
Voici une récente vidéo de mon professeur de couteau Master Boy Ceniza, avec mon ami espagnol Lazaro.
Un système simple et réaliste, non figé, avec un système de base, d'angulation, de jeux dynamiques à deux, puis avec du travail semi libre et libre pour les plu savancés.
Le Baraw Sugbo a beaucoup de similitudes avec le travail en balintawak.
Peut être à découvrir prochainement sur le territoire français...
Pour commencer cette nouvelle année 2012, le Club Normand Kali Eskrima et Indépendance Prod sont heureux de vous proposer un stage de "découverte et initiation" du Balintawak eskrima, le dimanche 22 janvier 2012.
Le stage aura lieu dans le dojo d'Indépendance Prod à Palaiseau.
Les places étant limitées, seules les premières inscriptions seront prises en compte.
Une autre école d'eskrima extrêmement proche du Balintawak, puisque le Major Timoteo Maranga (le père de GMaster Rodrigo Maranga) fût un élève d'Anciong Bacon.
Mercredi 5 octobre… Que les vacances semblent déjà lointaines. Si quelques détails s'effacent pour laisser place à de nouvelles anecdotes ou rencontres, les éléments forts de ce dernier voyage aux Philippines restent néanmoins bien présents. Pour m'aider à vous les narrer, je ressors ma clé USB et visionne les photos pour les remettre dans un ordre chronologique… Et oui, il faut un minimum d'organisation.
Nous étions donc mi juillet…
Alors que le temps n'était pas au soleil en France et principalement en Normandie, me revoilà parti pour les Philippines, bien que ce soit la pleine saison des pluies, mais je n'ai pas pu m'organiser autrement pour cette fois ci…
Je passerai donc au Qatar, avec un aéroport bien plus grand que celui que j'avais connu lors de mon premier voyage en 2005. Il y a toujours ces deux grosses voitures de luxe en exposition, entre le coin parfumerie et le store tabac/alcool/chocolat, que les expatriés s'empressent d'acheter pour offrir à leurs familles. A l'aéroport du Qatar, il n'y a guère d'activité ou de quoi faire passer plus agréablement les quelques 5 heures avant mon départ pour Cebu. Mais c'est d'avantage la diversité de sa population en transit qui est impressionnant ; beaucoup viennent des pays arabes. Ils sont le plus souvent en tenue traditionnelle avec keffieh sur la tête. Quelques fois, plusieurs femmes leur suivent le pas, toutes vêtue de la Jilbab où l'on ne peut distinguer qu'un regard furtif derrière cette fameuse fenêtre grillagée… Il y a également une grande communauté d'indous dont les femmes portent fièrement de nombreux bijoux en argent. Certains d'entre eux sont probablement des hommes d'affaires, mais il y a aussi et surtout des ouvriers ou employées de maison, tout comme de nombreux philippins et philippines, facilement reconnaissables (avec un minimum d'habitude).
Je m'amuse à regarder un jeune africain de Mozambique, couvert jusqu'à la tête par un bonnet et un cache nez aux couleurs de sont pays, essayer de flirter avec un groupe de jeunes filles asiatiques, voyageant avec une association religieuse.
L'arrivée à Cebu en fin d'après midi, se fait sous plus de 30 degrés. Il a du probablement pleuvoir, puisque le tarmac est humide. L'aéroport est bizarrement vide. Je retrouve ma douce qui cette fois ci était déjà dans l'aéroport, puisqu'elle venait d'arriver de Manille, la capitale.
Quelques jours passés à Cebu pour reprendre nos marques (enfin les miennes) et nous partons pour la province. En route, les mêmes paysages défilent ; les buffles aidant de vieux paysans à labourer les champs, les badauds qui regardent notre camionnette filer à toute allure à travers les chemins sinueux, les jeunes écoliers en uniformes saluant… non, hurlant je ne sais quoi au passage de chaque véhicule.
Beaucoup de démarches administratives, ne me permettront pas cette fois ci de profiter pleinement de la plage et de l'eau turquoise de l'île de Malapascua. J'y retrouve cependant des gens simples et gentils, toujours aussi accueillants. Bien évidemment, je prends le temps de retrouver ma petite princesse Cindy, toujours aussi rayonnante de beauté et d'énergie.
Une élection de miss est organisée dans la commune où vivait mon épouse. Les concours de miss sont monnaie courante aux Philippines, comme ils le sont aux US… L'une de mes nièces doit représenter son établissement scolaire. La manifestation se fait dans le gymnase municipal, servant à toutes les organisations culturelles et sportives (danse, combat de boxe anglaise, élections en tout genre…). Sous les rythmes d'un groupe de percussionnistes que nos eskrimadors français avaient eu l'occasion de rencontrer lors de notre séjour martial en 2010, chaque représentante effectue son défilé et sa présentation, devant un jury composé d'élus locaux et de jeunes femmes diplômées (ce qui donne un exemple plus gracieux de la femme), sous l'acclamation des nombreux élèves, mais aussi de parents ou des passants. Sous les tôles du gymnase il fait une chaleur terrible, bien que nous soyons en pleine soirée. C'est également l'occasion pour certains d'entre eux, de commencer à flirter… Bien que la plupart des demoiselles dans l'audience soient habillées sans artifices (faute de moyens) et chaussées d'une simple paire de tong, elles n'en demeurent pas élégantes. Le hasard fera que ce sera ma nièces qui sera élue miss pour cette occasion. Accompagnée de son coach (à chaque fois qu'une jeune fille se présente, elle est coaché gracieusement par un bayot, un « gay », qui n'hésite pas à payer de sa personne pour enseigner le « bon » déhanché…). La petite n'ayant pas un sous en poche, je décide avec ma douce de l'inviter avec quelques unes de ses camarades de classe à la pâtisserie du village ; des sodas et quelques gâteaux locaux feront prolonger son plaisir de princesse d'un jour…
Alors que nous étions en train de prendre un bon chocolat chaud, dans notre courette, un paysan demanda à récupérer un chien, dont il ne s'était pas occupé (et donc nourri) pendant plusieurs années. Nous informant que son anniversaire est pour demain, il nous annonce fièrement que le chien sera son repas de fête… Apeuré, les enfants n'osent y croire. Néanmoins, le chien reste sa propriété et le paysan s'en alla traînant son chien noir au bout d'une corde. Le lendemain matin, le petit chien était là, présent et en vie, chahutant avec les nôtres. Il avait probablement réussi à s'échapper puisque la corde autour du coup était rompue.
Malgré de gros nuages, nous profitons d'une après midi à la plage. Quelques jeunes jouent de la guitare tout en buvant de la bière. A notre retour, nous retrouvons des enfants en pleur. Le paysan, un bandage à la main suit eaux probables morsures du chien, était revenu récupérer son « repas » ; cette fois ci il n'avait pas fait dans la dentelle, puisqu'il brisa le coup du chien devant les enfants… et les chiots de ce dernier…. Pauvre chien. J'espère qu'il se sera raidit un maximum et que le repas d'anniversaire lui donnera des coliques !!.... Mais bon, qui suis je avec mes pensées européennes, avec mon confort de vie,pour juger un malheureux dont la famille ne mange probablement pas tous les jours…
Nous rendons la maisonnette que mon épouse louait et distribuons les vêtements et autres artifices, que nous ne pourrons pas emmener avec nous en France. Avant de quitter sa ville natale, sa famille et ses amis pour quelques années, nous passons devant un petit établissement proposant quelques plats locaux. Deux jeunes « culs nus » aux tee-shirts troués et salis essaient non discrètement de finir les assiettes des précédents clients. « Culs nus » car ils n'ont vraiment qu'un tee-shirt pour les protéger. Je les invite, à leur grande surprise, à prendre place et commander les plats et boissons qu'ils souhaitent. Mon épouse les rassurera et ils s'installèrent, non peu fiers de passer commande et de regarder les badauds dans la rue. Ils auront finalement le ventre plein pour quelques jours.
Etre aux Philippines et ne pas pouvoir m'entraîner commence à me mettre à fleur de peau.
De retour à Cebu, nous passons rendre une visite à Nick Elizar et toute sa petite famille. Je retrouve avec grande joie Norman et Neil, deux de ses fils. Normand doit aller à Manille pour récupérer son passeport et un éventuel visa pour aller trois mois en Angleterre. Nick me demande alors de l'épauler pour donner cours de Balintawak à un groupe d'élèves hollandais qui ont Frans Stroeven comme professeur. Refusant de recevoir l'argent que Nick me propose, je profite de ces moments pour partager et jouer avec mes nouveaux partenaires. Parmi le groupe d'hollandais, il y avait également un petit français en la présence de « Jacques de Nantes ».
Nous profitons d'une petite pause pour aller déjeuner en terrasse, près du Mall d'Ayala.
Un petit message tombe et Eddy Velez est dans les environs ; ça tombe bien, moi qui suis impatient de planifier mes entraînements, je vais pouvoir connaître ses disponibilités pour les jours à venir. Subitement, le soleil se cache et laisse place à de gros nuages bien chargés qui ne tardèrent pas à gronder et nous rafraîchir d'une grosse pluie. Notre ami Eddy arrive enfin, abrité d'un simple baluchon pour se protéger. Très heureux de le retrouver, il m'informe que pour des raisons personnelles, il quitte Cebu pour aller vivre sur une autre île. Son baluchon contient en effet un casque et quelques sticks. Avec Jacques, nous avions déjà fini de déjeuner et proposons à Eddy de passer commande… dans un restaurant thaï… ! Peu habitué au restaurant et encore moins à la cuisine thaï, nous arrivons finalement à négocier un plat philippin. Quelques anecdotes et de bonnes rigolades plus tard, il est temps de nous séparer, notamment pour Jacques puisqu'il prendra son avion le soir même pour retourner en France.
Une démonstration est prévue pour l'ouverture des 4èmes championnats du monde de Doce Pares (groupe de Dionisi Canete et non celui de Cacoy Canete…). En plein centre commercial de Cebu, toutes les délégations présentent leurs représentantset leurs combattants. Quelques familles, les courses à la main, s'arrêtent un instant pour apprécier le spectacle et comble de tout, pour très souvent prendre connaissance d'un art martial philippin qu'ils ignoraient jusqu'alors. Les démonstrations se succèdent avec des maîtres respectés en Doce Pares bien évidemment, mais aussi par GM Kano en San Miguel Eskrima, Master Panto Flores également en San Miguel Eskrima, les frères Carin, GM Rodrigo Maranga du C.E.M., GM Nick Elizar en Balintawak et bien d'autres. Des réunionnais aussi étaient présent à cette manifestation et présentèrent une démonstration de moring, sorte de capoeira réunionnaise.
L'occasion pour moi était de jouer un peu avec d'autres partenaires, mais aussi de créer de nouvelles connaissances, comme avec toute cette délégation réunionnaise emmenée par max et Jean Claude Calimoutou.
Nous nous retrouverons finalement au camp d'entraînement de Nick Elizar chaque matin, me permettant de bouger un peu en attendant de planifier avec qui j'allais ensuite m'entraîner.
Il ne me restait qu'une dizaine de jours. Eddy Velez n'étant plus très disponible, les typhons ne me permettant pas d'aller voir mon professeur Danny Vedua dans le sud des Philippines, je décide d'essayer d'appeler un autre contact, nouvellement obtenu sur Internet…
Quelques heures plus tard, je rencontre enfin Tatay Sergio Arcel… Je suis aux anges !!… Pour faire une comparaison, c'est comme si j'étais footballeur et que je pouvais m'entraîner avec Zizou (j'ai bien dit « comme si » !!). Bref, pour les novices, les débutants ou les avancés (peu, mal ou pas du tout informés), Sergio Arcel est un grand nom dans le Balintawak. En effet, il n'est pas très connu et pour cause, il n'enseigne quasiment pas. Mais ce petit bonhomme de 70 ans, est un élève direct d'Anciong Bacon, le fondateur du Balintawak.
Cela faisait déjà plusieurs années que je cherchais à entrer en contact avec ce grand nom du Balintawak et l'occasion s'offrait enfin à moi.
Nous commencerons quelques entraînements chez celui qui nous aura mis en relation, mais les conditions climatiques et les différents typhons ne nous permettront pas de continuer. Voyant l'extraordinaire possibilité de m'entraîner avec ce grand maître s'envoler, je lui propose alors de venir à l'hôtel où nous étions. Ainsi, tous les jours qui suivirent, je pus m'entraîner de 9h à 12h, puis de 14h00 à 17h, en mettant le lit en cathédrale, pour faire place à l'entrechoc des sticks.
Tatay, comme il se fait simplement appelé, est une expression et une marque de respect que l'on fait aux anciens. Initialement, très réservé, peu explicite, il pensait même que je venais le mettre en piste et prétexter m'entraîner avec lui pour finalement le « toucher ». Mon épouse, encore une fois, me permettra de clarifier les choses, qu'il se sente à l'aise et qu'il soit ouvert à l'échange. Sans elle cela aurait été extrêmement difficile, puisqu'il ne parle pas anglais.
Nos entraînements seront donc riches en intensité, en explications techniques, en anecdotes sur son histoire et à travers celle ci beaucoup d'informations sur le fondateur Anciong Bacon et l'ancienne époque du Balintawak. Ancien élève d'Anciong bacon, Tatay Sergio Arcel ne pratique pas le système des groupes mis au point par GM Villasin et GM Teofilo Velez (le père d'Eddy Velez). Pour rappel, le système des groupes fût mis au point pour que les élèves puissent essayer de reproduire les mouvements qu'effectuait Anciong Bacon lors des « agak » (autre terme balintawakien !). En effet, il n‘y avait auparavant aucun programme d'enseignement, aucun curriculum sur lequel les élèves pouvaient se reposer pour connaître leur niveau de progression.Ainsi je pus comprendre certains mouvements que les « groupistes » utilisent inconsciemment. Jouer avec Sergio est un vrai plaisir, même si avec ses 70 ans on aurait tendance à penser à s'ennuyer. Ne vous y trompez pas, Tatay Sergio est encore en forme avec des bras toniques et il me faudra faire attention pour ne pas me faire toucher les doigts, coudes ou autres arcades sourcilières (Pas grave, ça me fera un souvenir à vie). C'est un régal. Je donnerai d'avantage d'informations sur son histoire, sur ses récits d'ancien pratiquant un peu plus tard sur mon site Internet, car mon épouse doit maintenant traduire plus de 2h d'entretien et d'informations.
Entre temps, je contacte mon professeur de baraw sugbu (couteau), Boy Ceniza. Ce dernier ayant un travail régulier, il ne peut venir qu'en début de soirée ; que cela ne tienne, nous pratiquerons le couteau de 18h à 20h30. Oui en effet, je suis un peu naze en fin de journée, mais je profite martialement de tous ces instants précieux.
Une après midi, pendant que je m'entraînais avec Tatay Sergio,une publicité d'un parc animalier passa à la télévision. Le voyant intéressé et curieux d'apercevoir des crocodiles, je lui demande s'il aimerait aller les rencontrer… Une heure plus tard, nous étions passés prendre sa femme toute aussi contente et étions dans le parc animalier. Un couple de 70 ans, heureux comme des enfants de 10 ; ça aussi c'est un très beau spectacle, une belle sensation.
Nanay, son épouse donc, imaginera plus d'une fois cuisiner avec délectation ces reptiles longs de plusieurs mètres…
Un soir, je propose à Tatay de le raccompagner chez lui. Plutôt d'accord, il se sent ensuite gêné à l'idée que nous voyons l'état de sa maison. Il nous prévient que l'endroit est dangereux, notamment en soirée puisqu'il n'y a pas d'éclairage. En effet, une fois sur place, nous slalomons entre des canalisations à ciel ouvert, devant s'effacer lorsque nous croisons d'autres passants en sens inverse ; un vrai exercice d'équilibriste. Nanay m'explique que des règlements de compte sont monnaie courante ici et que des corps sont parfois retrouvés dans ces canalisations. Nous arrivons dans la maisonnette de Tatay Sergio. Des sacs de sables sont entassés tout autour, car lors de récentes grandes marrées, l'eau s'était infiltré dans toute la maison. Il nous faut suivre leurs pas, pour ne pas nous enfoncer dans la vase. A l'intérieur, quelques photos de Tatay Sergio ornent le mur du salon. Il me les commente, avec notamment une photo où il était en première page d'un magazine d'arts martiaux. Une vieille photo d'Anciong Bacon est également présente au mur. Tatay, n'a malheureusement jamais pris de photos (et encore moins de video) lors de ses entraînements avec Anciong Bacon. Mais tous les anciens, qu'ils l'apprécient ou non, savent qu'il s'est entraîné longuement avec le fondateur du Balintawak. Il le connaissait d'autant plus que c'était son voisin…
Une autre fois, je lui demande s'il est déjà allé au cinéma. Il me répond par l'affirmative, à l'époque où il avait séduit sa douce, il y a déjà de cela plus de 50 ans. Voilà tout le monde en route pour le cinéma d'Ayala, pour une séance en 3D (le film était « Captain America »). Ne comprenant pas un mot d'anglais, ils étaient cependant heureux comme tout, alternant l'utilisation ou non des lunettes 3D, bien étranges…
Dans deux jours, le retour en France avec toute ma petite famille. Il est tant d'être raisonnable et d'arrêter de s'entraîner. Mon dernier entraînement se fera au camp de Nick Elizar, pour évaluer et tester Jean Claude Calimoutou qui devra y passer un niveau supérieur. Comme je lui avais préconisé, Nick organisa au passage de grade en bonne et due forme. Plutôt que de « donner » des diplômes, ce passage là permettra à Jean Claude de se situer. Après avoir passé en revue le programme, Jean Claude passera en agak avec les deux fils de Nick et moi même. Afin qu'il se surpasse et évite de prendre des coups, je lui préviens de quelques erreurs à rectifier et que j'allais appuyer un peu plus. Je serai son deuxième opposant. Je commence tranquillement mais suffisamment rapidement pour que la vingtaine de personnes présentes retienne son souffle. Je lui chauffe un peu les cuisses, les côtes, puis des frappes de la main claquent au visage, avant d'intégrer quelques enchainements sortis de mon arsenal (De ne sais où d'ailleurs…) avec balayage, coup de genou, attaque en pok-pok, coup de coude et de tête. Jean Claude finira l'épreuve plus que fatigué, mais ô combien ravi d'avoir mérité son grade. Bien qu'il reste encore beaucoup de travail, et c'est tant mieux, le Balintawak de Nick Elizar pourra donc dorénavant être dignement représenté sur l'île réunionnaise.
C'est l'avant dernier jour et nous profitons d'une belle journée ensoleillée pour aller à la plage avec toutes les provisions ; comme à la Réunion, les philippins vont à la plage avec tout ce qu'il faut pour pique-niquer… que dis je, pour faire un festin oui ! Poisson cru et mariné, viandes grillées, gamelle de riz, boissons à gogo (sodas of course, mais aussi les fameuses bières locales, voir même de la Vodka), le tout accompagné de différents paquets de biscuits salés…
Autre particularité philippine et déjà expliqué sur ce blog, c'est que les philippins et plus particulièrement les philippines (filipinas) ne se baignent pas en maillot de bain, mais avec un tee-shirt et short de jean…
En me délectant d'un petit plat de ma femme (Du poisson cru mariné, avec lait de coco), j'aperçois à quelques pas devant moi, sous une tente et protégé par un chapeau de cow-boy, un surveillant de plage et muni d'un mégaphone pour avertir les nageurs des quelques « grosses » vagues occasionnées par des bateaux à moteur ou autres jet ski.
Les philippins sont extrêmement pudiques aux moments des retrouvailles comme pour les au revoir. Je le serai donc aussi, avec chacun de mes professeurs. Mais ces moments de bonheur, ces rencontres me manquent déjà.
Compte tenu de son âge avancé pour un philippin, j'ai une pensée particulière pour Tatay Sergio Arcel. Je savoure la chance de m'être entraîné avec ce grand Monsieur du Balintawak.
Mais l'histoire n'est pas terminée et j'espère pouvoir le faire venir en France…
En effet, si des présidents de club, des professeurs ou des particuliers souhaitent participer à l'aventure, je programme de le faire venir en France et Europe à moyen terme… (Le message est passé).
De retour en France, je retrouve avec joie mes élèves des le 1er septembre. Si certains manquent à l'appel pour des raisons personnelles, nombreux sont ceux qui attendaient impatiemment cette reprise. Je suis heureux de les retrouver et d'en rencontrer de nouveaux, avec qui je l'espère, nous pourrons participer à notre humble niveau à la préservation et à la continuité du Balintawak, redoutable et ô combien magnifique système d'eskrima.